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Le 11 mai 2005
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DES PRÉOCCUPATIONS COMMUNES ALLUMENT UNE DISCUSSION SUR LA VÉRIFICATION INTERNE |
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En octobre 2004, les chefs de la vérification interne des administrations provinciales et territoriales au Canada ont assisté au Forum national mis sur pied à leur intention, tenu à Victoria, en Colombie-Britannique. Les discussions ont essentiellement porté sur les questions stratégiques et opérationnelles qui influent sur la capacité de la vérification interne de contribuer à l'amélioration de la gouverne et de la reddition de comptes dans le secteur public.
Au terme du forum, nous avons demandé à Bernie Lodge de résumer certains des principaux thèmes des discussions du forum. L'INFORMATEUR : Le forum a porté sur les pratiques exemplaires en matière de vérification interne. Comment avez-vous abordé ce thème, et quelles pratiques exemplaires avez-vous pu cerner ? Bernie Lodge : Nous nous sommes penchés sur les résultats de deux vérifications législatives effectuées au sujet des fonctions de vérification interne; elles ont constitué une sorte de fenêtre pour cerner les pratiques exemplaires. Le Vérificateur général de la Colombie-Britannique venait tout juste de passer en revue la fonction de vérification interne au sein des autorités en matière de santé, et le Bureau du vérificateur général du Canada, lui, achevait sa vérification de la fonction de vérification interne dans les ministères et organismes fédéraux. Au cours de la revue effectuée en C.-B., le BVG avait effectué une recherche exhaustive afin de connaître quelles sont les pratiques exemplaires, et les attentes des divers secteurs et associations professionnelles, en matière de vérification interne. Dans le rapport définitif, il cerne les pratiques exemplaires liées à plusieurs questions, dont les rôles, responsabilités et pouvoirs de la fonction de vérification interne, ainsi que la surveillance de la vérification interne par le conseil; le ressourcement de la fonction de vérification interne; la planification des activités de la vérification interne; les processus de vérification; et l'évaluation de la performance de la vérification interne. Quant au travail de vérification entrepris au fédéral, le BVG du Canada visait à évaluer la mesure dans laquelle six groupes de vérification interne avaient respecté les normes professionnelles et s'étaient conformés à la Politique sur la vérification interne du Conseil du Trésor. Ce travail lui a permis de déterminer plusieurs facteurs importants qui, lorsque mis en uvre, pourraient exercer une influence positive sur la qualité de la vérification interne dans l'ensemble du gouvernement :
Ces rapports ont suscité chez les participants du forum une discussion sur les changements à apporter à la fonction de vérification interne au fédéral; le rôle et la composition des comités de vérification; et l'indépendance de la fonction de vérification interne. À la fin de la séance, tous se sont entendus pour reconnaître qu'il faudra effectuer plus de recherche si l'on veut déterminer les circonstances et facteurs idéaux qui soutiendront l'indépendance de la fonction de vérification interne dans un contexte gouvernemental. L'INFORMATEUR : Vous avez aussi discuté de la question des normes s'appliquant à la fonction de vérification interne dans l'administration publique. Bernie Lodge : Tous les groupes de vérification interne des administrations provinciales/territoriales favorisent le respect des Normes de l'Institute of Internal Auditors (ci-après appelé IIA). Nous avons aussi discuté de la question à savoir si le Canada devrait ou non élaborer ses propres normes pour régir la vérification interne. Cependant, certains ont soulevé le défi que constitue le fait d'avoir plusieurs paliers de gouvernement au Canada fédéral, provincial/territorial, municipal , et nous nous sommes demandé aussi si le Canada possède réellement une organisation pouvant servir d'organisme de normalisation. L'INFORMATEUR : Les liens hiérarchiques varient entre provinces/territoires et au sein de l'administration fédérale. Les chefs de la vérification en Alberta et au Yukon relèvent du secrétaire du cabinet, tandis que tous les autres relèvent d'un sous-ministre ou d'un sous-ministre adjoint. Dans l'administration fédérale, on recommande actuellement que le chef de vérification relève, sur le plan administratif, d'un gestionnaire général, et sur le plan fonctionnel, du Contrôleur général du Canada. Qu'avez-vous conclu en ce qui concerne le rapport qui existe entre les liens hiérarchiques de la fonction et son indépendance ? Bernie Lodge : Selon certains participants, l'important, ce n'est pas forcément le niveau de gestion où se situe le lien hiérarchique. Divers autres facteurs entrent en ligne de compte, dont le rôle du comité de vérification (s'il en existe un); l'à-propos du financement accordé à la fonction; et les pouvoirs et le mandat conférés au groupe de vérification interne. Il importe aussi que la personne ou l'échelon de qui relève le chef de la vérification interne soutienne la fonction de vérification interne. Idéalement, il devrait y avoir un équilibre entre l'indépendance de la fonction et l'appui qu'elle offre à la direction. Après tout, le travail de la vérification interne a pour objet d'aider l'organisation à atteindre ses buts et objectifs immédiats et ceux à long terme. L'INFORMATEUR : Est-ce que des groupes extérieurs à la gestion, comme les comités parlementaires et le public, devraient avoir accès aux rapports de vérification interne ? Bernie Lodge : Dans la plupart des administrations provinciales, territoriales ou fédérale, les rapports de vérification interne sont rendus publics en raison des lois sur l'accès à l'information. Bien que cette pratique contribue à rehausser la transparence du gouvernement, nous avons souligné certains défis ou incidences que peut soulever cette pratique, dont des délais pour finaliser les ébauches de rapports et la « purification » possible de ceux-ci. Nous estimons aussi que la publication des rapports peut rendre floue la distinction entre le vérificateur interne et le vérificateur législatif. Il y a donc des avantages et des inconvénients liés à cette pratique. L'INFORMATEUR : Qu'avez-vous pu dégager des discussions sur le rôle que joue l'évaluation des risques dans la planification de la vérification interne ? Bernie Lodge : En général, l'information fondée sur les risques est utilisée dans l'élaboration du plan de la vérification interne. Certaines fonctions cernent les facteurs de risques de façon informelle, tandis que d'autres ont recours à une approche plus structurée. Certaines effectuent des évaluations de risques tous les ans, et d'autres ne le font que périodiquement. Enfin, il a été intéressant de noter que, même s'il existe des outils informatisés pour la planification de la vérification, ces outils ne sont pas beaucoup utilisés par les chefs de la vérification. Les participants estiment qu'il est primordial d'avoir l'appui de la direction en ce qui concerne les processus d'évaluation des risques. En plus de consulter les gestionnaires au sujet des facteurs de risque, bon nombre de chefs de la vérification interne prennent en compte les préoccupations et les intérêts des vérificateurs législatifs, soit en communiquant directement avec eux, soit en lisant les rapports et plans que ces derniers produisent. Certains chefs de la vérification interne communiquent les conclusions découlant de leur évaluation des risques avec leur vérificateur législatif, afin d'éviter tout chevauchement de travail de vérification et d'améliorer les relations de travail et les résultats de la vérification. L'INFORMATEUR : On affirme que le ressourcement en termes de ressources financières et humaines constitue une clé de la réussite de toute fonction de vérification interne. Qu'est-ce que les participants ont dit au sujet du niveau de ressources nécessaires pour une fonction de vérification interne ? Bernie Lodge : Ils estiment qu'il est particulièrement difficile de déterminer le niveau et le genre de ressources dont a besoin une fonction de vérification interne pour être efficace, et d'obtenir le financement nécessaire. Les besoins en matière de ressources varient selon des facteurs tels la place qu'occupe la fonction au sein de l'organisation, les défis que doivent relever ses clients, l'environnement interne et externe, et ainsi de suite. Des outils tel le modèle de développement des capacités (Capability Maturity Model [voir l'encadré]) que l'IIA et d'autres parties prenantes sont en train d'examiner devraient aider les fonctions de vérification interne à cerner leurs besoins et à obtenir les ressources nécessaires. L'INFORMATEUR : Au nom de la CCAF-FCVI, nous vous remercions d'avoir pris le temps de répondre à nos questions concernant le Forum national. Vous trouverez un résumé ainsi que le compte rendu des Faits saillants du forum affichés dans notre site Web.
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