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Le 6 juin 2008
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| AMÉLIORATION DE LA GESTION DES RISQUES DANS L'ADMINISTRATION PUBLIQUE | |
Leçons à tirer selon un praticien Pendant que joccupais les fonctions dagent principal de gestion des risques à TPSGC, mon bureau a effectué en avril 2007 une étude sur lexpérience acquise par plusieurs pays au chapitre de linstauration dune discipline et dune culture de gestion des risques dans leurs pratiques gouvernementales. Cette étude nous a permis de constater que, pour renforcer la gestion des risques, les Administrations doivent :
Les mécanismes de la gestion des risques Les pays interrogés dans le cadre de l'étude menée sur les pratiques de gestion des risques s'entendent sur les composantes jugées essentielles à l'amélioration de la gestion des risques :
Nous constatons un abandon de l'approche fondée sur l'évaluation des risques (dont la portée est limitée au repérage, à la quantification et au suivi des risques sans établir un solide lien entre ces risques et la performance de l'organisation) au profit d'une approche fondée sur la gestion des risques (laquelle est axée sur l'anticipation des menaces et des occasions favorables afin de permettre à l'organisation de se préparer à réagir et à s'adapter pour assurer l'atteinte des objectifs et des résultats escomptés). Les approches modernes face à la gestion des risques comportent les éléments suivants : définition des objectifs, des stratégies et des critères de réussite; gestion de la performance en vue d'atteindre les objectifs; préparation de l'entité afin que celle-ci soit prête à faire face aux risques auxquels elle est confrontée (occasions favorables et menaces par rapport aux objectifs); et apprentissage/adaptation. Définition des facteurs clés de réussite et des principaux risques Le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis ont incorporé une vigoureuse discipline d'assurance de la qualité dans leurs approches. Afin de produire des résultats de haute qualité, une organisation doit penser en termes de « qualité ». Elle doit :
Et ensuite, l'organisation peut :
Mesures de la performance et indicateurs de risque Le manque de clarté à l'égard des mesures (résultats antérieurs) et des indicateurs (résultats escomptés) de la performance peut entraîner un « désaxage » aussi bien entre le niveau stratégique et le niveau de mise en uvre au sein des organismes, qu'entre l'organe chargé des politiques et celui chargé de la prestation des services au sein de l'Administration. Les organisations doivent traduire les mesures de performance organisationnelle en indicateurs de performance clés pour les différents gestionnaires et employés. À titre d'exemple, en Australie, le service des postes se sert d'indicateurs de performance clés pour faciliter l'harmonisation des activités avec les grands objectifs de l'organisation. Intégration de la gestion des risques dans les processus opérationnels Récemment, des organismes chefs de file ont déployés des efforts pour imbriquer la gestion des risques dans d'autres processus essentiels de gestion, par exemple :
Apprentissage continu et harmonisation Un processus de gestion des risques rigoureux et intégré facilite la conduite à travers ces événements et circonstances imprévus, que ceux-ci soient positifs ou négatifs. Pour composer avec le caractère évolutif des circonstances, les organisations doivent instaurer un climat propice à l'apprentissage :
Un milieu d'apprentissage sain est primordial si l'on veut favoriser l'innovation. Un milieu d'apprentissage sain signifie qu'il faut se concentrer sur ce qui doit être accompli pour réaligner la performance sur les attentes, ou sur les améliorations à apporter pour accroître la qualité et l'efficacité. Cela dit, il faut avoir une culture sans blâme. Précisons que « sans blâme » ne signifie pas manque de responsabilisation et ne constitue pas une excuse pour la négligence. Il s'agit ici d'une culture où l'on vous encourage à soulever des questions liées aux risques, on s'attend à ce que vous souleviez ces questions et que vous soyez récompensé en conséquence. Les défis culturels liés à l'intégration de la gestion des risques L'amélioration des mécanismes de la gestion des risques ne constitue qu'une moitié de l'équation; la culture constitue la seconde. Pour récolter tous les avantages de la gestion des risques, il faut que celle-ci soit ancrée dans la manière dont les personnes prennent des décisions et accomplissent leur travail. Notre étude a cerné un certain nombre de défis communs relatifs à l'implantation de la gestion des risques dans la culture organisationnelle :
Engagement des cadres dirigeants À l'échelon supérieur, l'engagement des cadres dirigeants ne doit pas se limiter à prendre connaissance de l'information sur les risques. Les cadres dirigeants doivent :
Pour relever ce défi, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont implanté dans leurs ministères des spécialistes de la gestion des risques chargés d'appuyer les cadres dirigeants dans l'élaboration d'une méthodologie de gestion des risques et de coordonner les améliorations à apporter à cette gestion. Les organisations doivent trouver le moyen de cerner rapidement et sainement les erreurs et obstacles (imprévus ou non) et d'en faire état. Ils doivent également améliorer les mécanismes liés à l'assurance et au suivi. Enfin, les Administrations peuvent mettre en évidence les avantages de la gestion des risques. À titre d'exemple, des hauts représentants officiels (en Australie par exemple, il s'agit du vérificateur général et du secrétaire du ministère du Premier Ministre et du Cabinet) peuvent faire régulièrement des exposés sur des sujets liés à la gestion des risques. Manque d'intérêt de la part des cadres intermédiaires Les cadres intermédiaires sont souvent de l'avis que la gestion des risques est un processus « plus superflu qu'utile ». Il faut dire à ce sujet qu'il est possible que certains cadres aient besoin de se rétablir de l'époque où des experts-conseils rédigeaient des rapports de gestion des risques qui, malheureusement, finissaient par se retrouver sur une tablette. Lorsqu'on aborde avec eux le sujet de la gestion des risques, il se peut qu'ils recherchent une solution simple style pro forma. Pour relever ce défi, les organismes doivent promouvoir les avantages de la gestion des risques en tant que processus qui produit des résultats valables. Ils doivent démontrer la valeur à court terme et à long terme de la gestion des risques. Les hauts gestionnaires solidaires peuvent amener les cadres intermédiaires à accepter la gestion des risques en offrant à ceux-ci des conseils sur le genre de questions qu'ils devraient poser pour réfléchir aux circonstances et stratégies de gestion des risques qui leur sont propres. Complexité des partenariats La complexité croissante des chaînes de prestation de services qui concernent souvent plusieurs organismes des secteurs privé et public peut augmenter à la fois
Les Administrations composent avec ce défi en :
Facteurs externes Beaucoup de gestionnaires du secteur public éprouvent des difficultés à savoir comment incorporer, dans leur cadre de gestion des risques, les risques externes auxquels leur organisation est confrontée. Les organismes doivent reconnaître qu'une attitude différente de gestion est nécessaire en ce qui concerne les facteurs externes (typiquement en raison d'événements et de conditions qui existent à l'extérieur de l'organisme, p. ex. les conditions météorologiques, les actions des intervenants et des autorités de réglementation, les tendances socioéconomiques, etc.) comparativement aux facteurs internes (sur lesquels l'organisme exerce un contrôle, p. ex. les ressources humaines, les processus et les systèmes). Pour une gestion efficace des facteurs externes, il faudrait se concentrer sur :
Responsabilisation Il est fréquent que les organisations n'ont pas établi une hiérarchisation des responsabilités ou des obligations de reddition de comptes aux chapitres de la performance et de la gestion des risques, soit une hiérarchisation qui s'aligne sur tous les échelons de gestion de l'organisation et sur toutes ses cloisons organisationnelles. Et chacun des risques auxquels l'organisation est exposée n'est pas attribué à une personne désignée qui détient à la fois la responsabilité et le pouvoir de prendre des décisions quant aux mesures à prendre pour le gérer. Pour relever ce défi, les organisations devraient :
Collaboration Au niveau institutionnel, les gouvernements peuvent mettre sur pied des groupes de travail pour se pencher sur de problèmes intersectoriels. En voici quelques exemples :
Sur le plan culturel, les gouvernements peuvent favoriser la collaboration entre les représentants officiels des différents ministères;
Pratiques de gestion des risques Une technique pour maintenir l'intérêt des cadres dirigeants consiste à aligner les pratiques de gestion des risques sur des initiatives de gestion bien en vue. Les gouvernements peuvent aussi faciliter le suivi des progrès réalisés vers la maturité de la gestion des risques en élaborant des outils d'auto-évaluation pour aider leurs ministères. Enfin, les gouvernements peuvent fournir aux agences centrales des ressources pour le rayonnement et la coordination de réseaux qui appuient les échanges entre les ministères. |
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