Le 16 mars 2006

Le gouvernement de la Colombie-Britannique s'avère un chef de file parmi les administrations canadiennes au chapitre de l'utilisation des rapports sur la performance. Le vérificateur général de la C.-B., Wayne Strelioff, s'est révélé un champion efficace en matière de publication de l'information sur la performance, travaillant en étroite collaboration avec les législateurs et les hauts fonctionnaires pour instituer et améliorer les rapports sur la performance.

Le directeur général de la CCAF-FCVI, Michael Eastman, a discuté avec M. Strelioff des progrès accomplis par la Colombie-Britannique à cet égard.

Wayne Strelioff
Vérificateur général de la Colombie-Britannique

Nommé au poste de vérificateur général de la Colombie-Britannique en mai 2000, Wayne Strelioff poursuit actuellement son mandat d'une durée de six ans. Sa nomination avait été unanimement recommandée à la suite d'une recherche de candidats menée à l'échelle nationale par un comité spécial de l'Assemblée législative. Avant de s'installer en C.-B., il a exercé les fonctions de vérificateur provincial de la Saskatchewan, et ce, de novembre 1990 à avril 2000.

Il est actif au sein de diverses organisations professionnelles, dont le Institute of Chartered Accountants of British Columbia, l'Institut Canadien des Comptables Agréés, la CCAF-FCVI, et le Conseil canadien des vérificateurs législatifs. En 1992, on lui a décerné la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada, récompense offerte à des Canadiens et Canadiennes ayant rendu d'importants services à leurs concitoyens, à leur collectivité et au pays. En 2003, il a été élu membre d'honneur (Fellow) du Institute of Chartered Accountants of British Columbia, en reconnaissance de sa contribution à la profession de comptable.

Wayne Strelioff est né et a grandi à Saskatoon. Diplômé de l'Université de la Saskatchewan, il est titulaire d'un baccalauréat ès arts et d'un baccalauréat en commerce. Il travaillait chez Peat, Marwick & Mitchell (aujourd'hui KPMG) à Saskatoon lorsqu'il a obtenu le titre de CA en 1978, après quoi, il est retourné à l'Université de la Saskatchewan où il a fait une maîtrise ès science.


LA C.-B. ACCOMPLIT CONSTAMMENT DES PROGRÈS AU CHAPITRE DE LA PUBLICATION DE L'INFORMATION SUR LA PERFORMANCE

Michael Eastman : Pourquoi la C.-B. a-t-elle accordé autant d'importance aux rapports sur la performance ?

Wayne Strelioff : Notre expérience révèle que la publication de l'information sur la performance - dévoiler publiquement les résultats que le gouvernement vise à atteindre et ceux qu'il a réellement atteints - est primordiale à l'obtention d'un gouvernement ouvert et responsable. Et, l'amélioration de la reddition de comptes publique conduit à une meilleure performance.

On souhaite tous que le gouvernement performe bien. Chaque année, le gouvernement de la C.-B. dépense des dizaines de milliards de dollars et emploie plus de 200 000 personnes dans près de 200 organismes du secteur public. Par le passé, les organismes se concentraient essentiellement sur les ressources engagées et les activités entreprises. Aujourd'hui, les organismes bien dirigés établissent clairement le lien entre leurs ressources, leurs stratégies et leurs résultats. Et c'est par les rapports sur la performance qu'on rend ce lien visible.

Michael Eastman : Qu'ont-ils accompli le gouvernement et l'Assemblée législative de la C.-B. pour renforcer la publication de l'information sur la performance ?

PRINCIPES GUIDANT LA PRODUCTION DE L'INFORMATION SUR LA PERFORMANCE

  1. Expliquer l'intérêt public servi

  2. Établir un lien entre les objectifs visés et les résultats obtenus

  3. Se focaliser sur les quelques aspects essentiels de la performance

  4. Présenter les résultats en tenant compte des risques et de la capacité

  5. Établir un lien entre les ressources, les stratégies et les résultats

  6. Présenter une information comparative

  7. Présenter une information crédible, interprétée fidèlement

  8. Préciser les fondements des jugements posés
Wayne Strelioff : Au milieu des années 1990, mon prédécesseur, George Morfitt, a commencé à élaborer avec les sous-ministres un cadre référentiel servant à guider la gestion de la performance et la reddition de comptes pour l'ensemble de l'administration publique. En 2000, juste avant de se retirer, M. Morfitt a demandé aux dirigeants politiques de s'engager à évaluer et à publier les résultats du gouvernement et de soutenir activement cette pratique. Il leur a aussi demandé de moderniser les lois afin d'y parvenir.

Par la suite, l'Assemblée législative de la C.-B. a adopté la Budget Transparency and Accountability Act (loi sur la transparence budgétaire et la reddition de comptes). Cette loi stipule que le gouvernement et ses organismes doivent publiquement rendre compte de leur performance, c'est-à-dire présenter dans un rapport annuel les réalisations escomptées en ce qui concerne leurs plans de service, ainsi que les résultats qu'ils obtiennent.

Dès 2001, mon bureau a commencé à examiner les rapports annuels et les plans de performance du gouvernement. Nous procédons maintenant à des évaluations annuelles de la qualité des rapports sur la performance et nous publions nos conclusions.

En 2003, le gouvernement, l'Assemblée législative et mon bureau ont convenu d'une série de principes en matière de publication de l'information sur la performance destinée à la fonction publique de la C.-B. [voir encadré]. Cette entente signifiait que, pour la première fois au Canada, ceux qui préparent les plans et les rapports sur la performance, ceux qui les utilisent et ceux qui les évaluent le font à partir d'une base commune et qu'ils s'entendent sur les principes fondamentaux qui guident la production de rapports significatifs sur la performance.

Les principes guidant la publication de l'information sont conformes à ceux élaborés par la CCAF-FCVI, ainsi qu'à ceux dont l'Institut Canadien des Comptables Agréés étudie actuellement la mise en œuvre à l'échelle nationale.

Michael Eastman : Dans vos examens annuels des rapports sur la performance du gouvernement, avez-vous observé des signes évidents de progrès ?

Wayne Strelioff : Tout d'abord, je dois préciser que nous demandons au système d'entreprendre un changement culturel majeur, c'est-à-dire passer d'une gestion fondée sur les règles à une gestion axée sur les résultats. On doit s'attendre à ce qu'un changement d'une telle envergure s'échelonne sur une période de 7 à 10 ans.

Cela dit, je peux affirmer que nous constatons une amélioration. Dans ma plus récente évaluation des plans de service du gouvernement, en juillet dernier, j'ai indiqué qu'aucun des rapports évalués ne brossait un portrait complet de la performance. Cependant, nous observons une amélioration constante au chapitre de la qualité des rapports publiés sur la performance.

Pour nos évaluations, nous utilisons des critères différents quoique connexes et accordons différents niveaux d'assurance. Nous justifions cette façon de faire par le besoin que nous avons d'expérimenter différentes approches en matière de vérification dans ce nouveau domaine. Jusqu'ici, nous avons été en mesure d'éviter d'avoir à produire une déclaration de fiabilité de forme négative.

Nous étions particulièrement enchantés par le rapport annuel de la Commission des accidents du travail pour l'exercice ayant pris fin le 31 décembre 2004. À la suite de notre examen, nous avons conclu que le rapport présentait de façon juste, à tous égards importants, la performance de la Commission en accord avec les principes guidant la présentation de l'information. C'était la première fois que nous en arrivions à une telle conclusion.

Michael Eastman : Comment les fonctionnaires réagissent-ils à l'importance nouvelle accordée à la gestion basée sur les résultats ?

Wayne Strelioff : Les gestionnaires de la fonction publique se sont montrés très coopératifs. Ils avouent que l'utilisation d'outils de mesure de la performance les aide à cerner la valeur créée par leurs programmes. Ils sont d'avis que le fait d'avoir un objectif à atteindre conduit à une meilleure performance de leurs programmes, et que de surveiller l'atteinte de ces objectifs les mène à prendre des décisions plus éclairées.

Cependant, ils constatent qu'il y a une absence de leadership visible et d'engagement soutenu de la part des hauts dirigeants. Nous aimerions voir les hauts dirigeants devenir des champions de la publication de l'information sur la performance - les voir surveiller et coordonner les efforts déployés à l'échelle de la fonction publique provinciale, affirmer qu'ils soutiennent la gestion axée sur les résultats et transmettre le message que cette pratique est là pour rester.

Michael Eastman : Quels sont vos plans pour l'avenir dans ce domaine ?

Wayne Strelioff : Nous souhaitons que le public et les élus obtiennent la meilleure information possible afin d'évaluer la performance de la fonction publique provinciale. Et, au fur et à mesure que l'information sur la performance s'améliore, nous voulons que les législateurs reconnaissent la crédibilité de cette information et l'utilisent pour tenir le gouvernement comptable.

Dans cette perspective, nous attendons avec impatience la publication prochaine du rapport de recherche de la CCAF-FCVI concernant les utilisateurs et les utilisations des rapports sur la performance. Je prévois que nous pourrons retenir quelques idées présentées dans ce rapport et les utiliser pour travailler avec les législateurs de la C.-B. afin d'arriver à bénéficier pleinement de la valeur des rapports sur la performance du gouvernement de cette province.




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